Par les nuits sans sommeil où l’âme se dévoile
J’ai contemplé, du fond de mon ennui
Ces troupeaux lumineux qui peuplent l’infini
Ces bêtes de clarté que l’homme nomme étoiles.
Galaxies! vaisseaux noirs aux voiles de safran
Cathédrales de dieu, charognes de lumière,
Vous tournez dans votre cimetière
Indifférentes et belles, comme un vieux océan.
J’y vois le long désir qui jamais ne s'apaise
La spirale de fin où s’engouffre le temps,
Et les bras effilés de ces grands ostensoirs
Qui bénissent le vide d’une tendresse aise
Et moi pauvre mortel accoudé au balcon
Je sens monter en moi leur froide volupté:
Être ainsi dévorant, lointain, désaffecté,
Et tourner autour du gouffre de la raison.